Le Ministère de l’Industrie a jeté une bouée de sauvetage temporaire au secteur du transport routier. Par une résolution publiée au Bulletin Officiel de l’État (BOE), il a établi que, tout au long de 2026, les transporteurs pourront homologuer leurs camions à cinq essieux ou plus à 44 tonnes via une procédure simplifiée et gratuite : une simple annotation sur la carte technique du véhicule lors du Contrôle Technique (ITV). Cette mesure, qui sera en vigueur jusqu’au 1er janvier 2027, évite que le processus ne soit classé comme une « transformation importante », une voie plus lente, plus coûteuse et chargée de paperasse.
La décision vient résoudre un problème administratif que les associations du secteur, comme Fenadismer, dénonçaient depuis des mois. L’interprétation initiale de la norme autorisant la circulation avec 44 tonnes (en vigueur depuis octobre 2023 pour la plupart des véhicules) était rigide : elle ne permettait l’annotation qu’à la « première inspection technique périodique » suivant son entrée en vigueur. Si un camion passait ce contrôle technique sans la demander, il devait ensuite affronter la procédure complexe de transformation. Un obstacle que Fenadismer avait qualifié de « restrictif et irrationnel ».
Ce pansement administratif arrive à un moment de débat intense sur les conséquences réelles de la nouvelle capacité. Alors que les chargeurs y voient une opportunité d’améliorer l’efficacité logistique, de nombreux transporteurs craignent que cela ne se traduise par plus de charge sans une révision juste des tarifs. Une étude de l’Université du Pays Basque quantifie cet impact : le coût par kilomètre d’un camion à pleine charge pourrait avoir augmenté de 2,5 % à 10 %. Le syndicat des chargeurs (ACE) assure être conscient de la nécessité de mettre à jour les contrats, mais les transporteurs déplorent l’absence d’un mécanisme légal le garantissant.
Alors que l’homologation est facilitée, l’inspection se prépare au contrôle. Le Ministère des Transports a indiqué que son plan d’inspection pour 2026 priorisera la vérification du respect des nouvelles masses, rappelant qu’il n’y aura pas de marge de tolérance si la capacité technique du véhicule est dépassée.
En définitive, le Ministère de l’Industrie débloque un goulot d’étranglement bureaucratique avec une solution pragmatique pour 2026. Cependant, le véritable succès de la mesure des 44 tonnes dépendra de ce qui se passe en dehors des stations de contrôle technique : dans la négociation entre transporteurs et chargeurs pour répartir coûts et bénéfices, et dans l’adaptation d’un réseau routier et de sécurité qui doit accueillir des camions plus lourds. L’homologation sera plus facile, mais la route vers une mise en œuvre équilibrée et sûre a encore des virages à négocier.
Have any thoughts?
Share your reaction or leave a quick response — we’d love to hear what you think!